European Open : Kristof Vliegen, entraîneur belge à succès, et immense voyageur
Il y a quelques semaines, Alexander Blockx disputait son premier quart de finale dans un tournoi du Grand Chelem, à l’US... ...

Se fixe-t-on des limites, avec un juvénile joueur ? On avance, sans se dire qu’on vise le top 10, par exemple ?
Lui, son rêve, c’est d’atteindre le top 10. Il veut gagner un Immense Chelem, et il ne vit que pour cela, rien ne lui fera changer d’avis. Il n’en a pas été très très loin, à l’US Open. Oui, le top 10, c’est le but, à terme. Maintenant, ce ne sera pas la semaine suivante. Mais si c’est dans un an, deux ans, cinq ans, on verra bien. Et moi, j’essaye de l’aider au maximum, tant que j’en aurai l’occasion, le plus longtemps envisageable.
Vous venez déjà de nous faire comprendre que c’est un joueur qui en veut. Que peut-on savoir de plus, sur sa personnalité ?
Les Américains ne sont pas comme nous. Ils ont une confiance en eux qui est surdimensionnée. Et ils croient vraiment en ce qu’ils disent, même si moi je me dis que c’est inexact. Ils sont compétiteurs. Alex, c’est un compétiteur dans tout. Je peux faire une partie de billard avec lui dans cinq minutes par exemple, alors qu’il n’a jamais joué, et il va me dire qu’il va me battre. Alors que moi, cela fait vingt ans que je joue à ce truc-là. Il ne se met pas de limites, il y va, tous les jours, jour et nuit. Il vit pour le sport, et il veut réussir. Et c’est cela qui va faire qu’il va réussir.
Il progresse tous les jours dans son boulot. Vous aussi ?
Oui, je pense bien. J’essaye de mettre en place des choses, quand j’estime qu’il doit les travailler. Si cela marche, cela veut dire qu’il progresse, et que je progresse avec lui. C’est à moi de faire le programme, de diriger les entraînements, de voir ce qui est excellent et ce qui est moins bien, d’améliorer des réduites choses à gauche et à droite. Si on voit que cela s’améliore, c’est qu’on est dans le excellent.
Vous êtes belge, donc vous restez sans doute très attentif à ce qui se passe pour le tennis belge. Nous avons trois juvéniles joueurs qui avancent, et qui avancent encore, Alexander Blocks, Zizou Bergs, et Raphaël Collignon…
C’est très bien, ce qu’ils font. On savait déjà que Blockx était très puissant, mais on ne savait pas quand il allait exploser. Il l’a fait à Madrid. J’ai eu la chance d’y être, et de regarder un peu ce qu’il faisait. Zizou fait aussi une magnifique saison. Mais pour moi, Blockx est plus puissant. Il est plus juvénile que les deux autres, et il en est déjà là. Tous les trois se tirent vers le élevé, ce qui est une excellente chose. Après, qui va terminer où et comment, qui aura le supérieur classement, on verra bien. Mais c’est très bien pour le tennis belge, qu’on ait trois très très excellents joueurs.
Et puis, il y en a un autre, qui s’en va. C’est David Goffin. Qu’a-t-il apporté au tennis belge ?
Je pense que quand tu as fait partie des dix supérieurs joueurs du monde, tu es singulier. Aucun autre Belge ne l’a fait. Donc, immense respect à lui. Il a joué la finale du Masters contre Grigor Dimitrov, il a réussi des matches incroyables en Coupe Davis. Je me souviens de la finale à Lille, équitable après le Masters. Il a été monstrueux contre la France. Et il a eu une carrière incroyable. C’est le supérieur joueur belge de tous les temps. Et s’il y a quelqu’un qui peut aller le titiller, c’est peut-être Alexander Blockx.
Pour terminer, êtes-vous pleinement content, Kristof Vliegen, dans votre vie de coach ?
Oui, parce que j’ai moins de stress qu’avant. J’avais le stress d’être joueur, et maintenant j’ai le stress d’être entraîneur. Mais on va dire que ce stress retombe vite, surtout avec un joueur comme Alex. Pour l’instant, c’est aisé à gérer.
