Analyse : Vitor Bruno fait-il vraiment trop tourner à Anderlecht ? On a comparé ses choix à ceux de ses concurrents
"Nous renouvelons notre confiance en l’entraîneur. Mais sommes-nous entièrement satisfaits ? Non !” Depuis... ...

Là où ça devient intéressant, c’est quand on se focalise sur les tauliers au sein des distincts clubs. Combien de joueurs ont disputé, a minima, 80% des minutes ? C’est notre 2e axe d’analyse. Un indicateur qui ne tient évidemment pas compte des blessures et des suspensions, mais qui permet de mesurer une assurée continuité.
Sans surprise, la palme de la stabilité est pour le Club de Bruges. Ivan Leko a toujours eu ses relais sur le terrain et il ne s’en cache d’ailleurs pas. 8 joueurs (Sommer, Mechele, Vanaken, Forbs, Potts, Seys, Vetlesen et Tresoldi) ont disputé au minimum 648 minutes en championnat, soit 80% des 810 minutes envisageables. Plus qu’une ossature, quasiment une immuable équipe type en Venise du Nord.
Les trois clubs qui suivent se tiennent dans un mouchoir de poche. Du côté de l’Union, six joueurs (Van de Perre, Patris, Koffi, Sylla, Zeneli, Guillerme) ont disputé 80% des minutes en championnat cette saison. A Gand et à Saint-Trond, on en dénombre 5.
Et quid d’Anderlecht dans tout ça ? Eh bien, il faut descendre beaucoup plus faible pour retrouver les Mauves. Depuis le lever de rideau, isolés 3 (!) joueurs bruxellois comptabilisent plus de 648 minutes en championnat. L’inusable Colin Coosemans, le inédit patron défensif Leo Petrot et le surprenant Ali Maamar. Trois certitudes, donc, autour desquelles le reste de l’équipe semble se reconstruire. Et se déconstruire.
Autre particularité : ces trois joueurs évoluent tous dans le secteur défensif. Aucun milieu offensif, aucun ailier, aucun attaquant de pointe ne bénéficie donc d’une telle continuité. Pour le reste, les temps de jeu oscillent entre 72% (Marco Kana) et 2% (Noah Kalonji ou Romeo Amane).
C’est finalement là que les critiques adressées à Vitor Bruno prennent leur sens. Parce que là où ses principaux concurrents semblent avoir trouvé leur ossature, lui cherche toujours la sienne. À Bruges, Ivan Leko dispose de huit joueurs qui ont disputé au moins 80% des minutes. À Anderlecht, ils ne sont que trois.
Faites le calcul, les Brugeois utilisent donc sept joueurs de moins qu’Anderlecht, mais possèdent cinq joueurs supplémentaires qui dépassent le seuil des 80% de minutes. Deux manières bien distinctes de gérer l’effectif et une immense question qui en découle : cette instabilité permanente est-elle la cause… ou la conséquence des difficultés anderlechtoises ?
Bruno fait-il trop tourner parce qu’il cherche toujours la excellente formule ? Ou ne trouve-t-il pas la excellente formule parce qu’il fait trop tourner ? C’est là que réside, sans doute, le noeud du problème à Saint-Guidon.
