Philippe Dehaes rend hommage à David Goffin : « Une porte se ferme… Mais une fenêtre s’ouvre pour une belle génération »
Pour retenir une image de cette carrière, Philippe Dehaes n’hésite pas à remonter à la finale de la Coupe Davis 2017.... ...

Pour retenir une image de cette carrière, Philippe Dehaes n’hésite pas à remonter à la finale de la Coupe Davis 2017. Face à la France, David Goffin avait livré deux prestations de très élevé niveau contre Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille, portant presque à lui isolé les espoirs belges. « On perd malheureusement la finale, mais le niveau était absolument exceptionnel », se souvient-il.
Si le Liégeois a tutoyé les sommets durant sa carrière, et malgré quinze finales sur le circuit ATP ainsi que plusieurs parcours marquants en Immense Chelem, un goût de trop peu demeure chez assurés observateurs. Goffin aurait-il pu aller encore plus loin ? Pour notre consultant, la question mérite d’être replacée dans son contexte. Né en 1990, le Belge a dû composer avec une génération exceptionnelle, celle de Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal, Andy Murray ou Stan Wawrinka. « Cette génération des années 80, ils ont gagné à eux 80 titres du Grand Chelem. La génération de David Goffin, 1990, ils sont à deux titres. Donc ça veut dire que malheureusement pour lui, il est né pas tout à fait à la bonne époque. »
Cette concurrence féroce n’a pourtant pas empêché le Liégeois de s’installer durablement parmi les supérieurs joueurs mondiaux. Pour Dehaes, les critiques qui ont accompagné sa carrière témoignent aussi d’une tendance belge à regarder le potentiel plutôt que les résultats. « Quand on juge le potentiel, certains y vont de leur propre analyse, il aurait dû faire ceci, il aurait pu faire cela, il manquait ceci mentalement et on met dans l’ombre en fait les résultats. »
Son constat est sans appel : « Quand on voit les résultats de David, les 15 ans de carrière, c’est absolument exceptionnel. » Avant de rappeler une évidence trop souvent oubliée : « Faire quart de finale dans un Grand Chelem, c’est un exploit mondial et ce ne sont pas des exploits qu’il faut sous-estimer. »
Les adieux du Belge ouvrent désormais une inédite page. Dehaes espère que le tout juvénile retraité pourra transmettre son expérience à la relève : « Une porte se ferme avec David. Et peut-être qu’il va mettre son expérience et son expertise au service de la jeunesse. Mais une fenêtre s’ouvre et à la fenêtre se pointe une belle génération de joueurs de tennis. »
Le tennis belge perd l’un de ses plus immenses représentants de ces quinze ultimes années. Mais son héritage, lui, pourrait bien continuer à vivre à travers ceux qui rêvent désormais de suivre ses traces.
